Informations Générales
Igreja de Santa Maria de Barrô  
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  • Nom: Église Sainte-Marie de Barrô
  • Typologie: Église
  • Classement: Monument National, en vertu du Décret 8 175, DG 110 du 2 juin 1922
  • Commune: Resende
  • Jour de la Fête du Saint Patron: Sainte-Marie - 15 août 
  • Horaire de la Messe: Dimanche - 8h30 (hiver) ou 8h00 (été) 
  • Horaire de Visite: Réservation obligatoire  
  • Services de Soutien:
  • Téléphone: 255 810 706 / 918 116 488   
  • Télécopie: 255 810 709   
  • Courrier Électronique: rotadoromanico@valsousa.pt   
  • Site Web: www.rotadoromanico.com   
  • Localisation:
    Rua de Santa Maria de Barrô, Barrô, Resende, Viseu.
  • Coordonnées Géographiques: 41° 7' 44.39" N / 7° 52' 57.40" O 
Histoire
Histoire
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Église de Barrô (Photo : © SIPA – IHRU)La fondation de l'Église de Barrô, qui appartenait à Egas Moniz (1080-1146), le gouverneur du roi Afonso Henriques, premier roi du Portugal, qui l'a reçue par héritage royal, remonte probablement au XIIe siècle. Il n'y a toutefois pas d'informations concernant sa construction, les modifications subies ou la continuité donnée au culte, qui était peut-être pratiqué dans un temple déjà existant.

Egas Moniz fut lieutenant à São Martinho de Mouros, au moins entre 1106 et 1111, et gouverneur de la région de Lamego entre 1113 et 1117, voire même jusqu'à plus tard.

Ayant réussi à s'affirmer politiquement, dans le royaume portugais en pleine construction, Egas Moniz, de la famille des Ribadouro, fit de nombreux dons à des institutions religieuses, dont le Monastère de Paço de Sousa (Penafiel) où il fut inhumé.

C'est donc dans ce contexte que nous devons comprendre le don du patronage de l'Église de Barrô, fait par Sancha Vermudes, la belle-fille d'Egas Moniz, à l'Ordre des Hospitaliers en 1208, tel que mentionné par les "Inquirições" [enquêtes administratives] de 1258 du roi Afonso III (1248-1279), réalisées dans la commune et "julgado" [juridiction] de São Martinho de Mouros : interrogé à ce sujet, Egas Moniz expliqua aux enquêteurs que l'Église Sainte-Marie de Barriolo appartenait aux moines hospitaliers qui l'utilisaient dans leur culte. Et questionné sur l'obtention de ce patronage, il déclara que ce fut un don de Sancha Vermudes. Et de nombreuses personnes firent des affirmations semblables.

D'autre part, selon un autre témoignage, celui de Pedro Gonçalves, la seigneurie villa de Barriolo appartenait au Monastère de Paço de Sousa (Penafiel). Il y avait donc un croisement d'intérêts (église et territoire), mais avec un lien commun au patrimoine du lignage des Gascões, d'où provenait Egas Moniz, le gouverneur du premier roi du Portugal.

Cette paroisse, ayant une surface plus petite que celle de la paroisse voisine São Martinho de Mouros (où se trouvait le siège de la municipalité à laquelle elle appartenait), accueillait, en 1758, une population de 1327 habitants qui était distribuée par 429 foyers, répartis entre de petits villages et des fermes, dans une zone de montagne et de rivière.

Ici, sur les rives du Douro, et selon la légende, la reine ou la princesse Mafalda aurait ordonné la construction d'un pont, dont il y aurait encore des traces. Le vicaire José Mendes de Azevedo le confirme, en citant les traces de piliers sur les deux culées, en particulier dans la paroisse de Barqueiros, qui se trouve sur l'autre rive.

L'Église paroissiale ne fut pas le seul pôle religieux de Barrô car, au XVIIe siècle (en 1693), un groupe de religieuses qui prit l'habit franciscain s'y installa. Après son extinction (en 1780) et après l'intégration des religieuses résistantes du Couvent des Chagas, à Lamego, Barrô devint un important centre éducatif au XIXe et XXe siècle. En 1758, le Couvent de Jésus-Marie-Joseph était mentionné comme étant de Claras urbanas.

Chronologie
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1208 - Sancha Vermudes fait don du patronage de Barrô aux moines hospitaliers.

1258 - Pedro Gonçalves déclare qu'Egas Moniz fit don de la seigneurie villa de Barrô au Monastère de Paço de Sousa (Penafiel).

XIIIe siècle (2e moitié) - Construction de l'Église de Barrô.

XVIIIe siècle - Conception de la plupart des meubles liturgiques, y compris de l'imagerie, de Barrô.

1890 - Construction du clocher de Barrô.

XXe siècle (2e moitié) - Travaux de restauration de l'Église et du contexte environnant.

2010 - Intégration de l'Église Sainte-Marie de Barrô dans la Route du Roman.

Travaux Spéciaux
Architecture
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L'Église, composée d'une seule nef et d'un sanctuaire rectangulaire, est située sur un terrain en pente surplombant le fleuve Douro. La façade principale se trouve donc à une hauteur inférieure par rapport au sanctuaire. Cet aspect est compensé à l'intérieur par les deux marches qui permettent de passer de la nef au sanctuaire.

La partie extérieure affiche de manière plus évidente les éléments qui nous permettent d'affirmer que cette Église est construite à une époque plus tardive de l'art roman portugais, car elle comporte déjà certains éléments qui caractériseront la première campagne d'art gothique rural.

La façade principale se détache d'emblée car elle est organisée en quatre phases délimitées par trois moulures placées dans la continuité des impostes du portail principal, de la fenêtre supérieure et de la base de celle-ci.

Plans de l'Église de Barrô (Photo : © SIPA – IHRU)

La façade se compose également de deux baies qui se superposent - le portail et la rosace protogothique, formée de cercles -, une structure assez rare dans la région, qui nous renvoie immédiatement à l'ancienne Cathédrale de Coimbra.

La sculpture des chapiteaux du portail, avec des motifs végétaux et floraux, annonce déjà une nouvelle esthétique, celle du style gothique, puisque les motifs, déjà assez naturalistes, sont très collés à l'évasement. Les élégantes colonnes qui les soutiennent rappellent également cette nouvelle phase de l'histoire de l'art du Moyen Âge.

Si l'aménagement de la façade nous renvoie à la persistance des formules romanes, certains éléments la composant sont une preuve évidente de l'introduction de nouveaux modèles esthétiques.

Le tympan du portail principal, considéré par Vergílio Correia (1888-1944) comme le meilleur exemple de ce genre parmi les églises contemporaines de la région Nord du Portugal, affiche une croix percée, très ornée et remarquablement élaborée.

Trois curieux corbeaux exhibant des visages humains sculptés et difficiles à dater encadrent le portail.

Les portails latéraux, nord et sud, confirment la présence de l'esthétique de la première campagne d'art gothique rural. Les deux portails déchirent l'épaisseur des murs et présentent un tympan plat reposant sur des corbeaux.

Plus élaboré, le portail nord est composé de deux archivoltes entourées d'un arc échiqueté extérieur, qui autrefois était protégé par un porche, comme en témoignent les corbeaux qui persistent encore au milieu de la façade.

D'étroites ouvertures, caractéristiques de ce genre de construction et plus larges à l'intérieur, s'ouvrent sur les deux élévations.

L'Église de Barrô exhibe une grande variété de modillons. Du côté nord, ils sont richement décorés, tandis que de l'autre côté, ils sont essentiellement lisses.

À l'intérieur, le granit s'impose et les dimensions de la nef et du sanctuaire, en particulier en termes de hauteur, annoncent déjà l'art gothique. Ce fait est confirmé par l'arc triomphal à large ouverture qui, malgré les éléments esthétiques romans des chapiteaux, annonce déjà une autre liturgie.

Légèrement brisé, l'arc triomphal est composé de deux archivoltes et entouré à l'extérieur d'une frise à entrelacs. Documenté, le chapiteau du côté de l'Évangile affiche une scène de chasse, dont le personnage principal est un homme qui joue un cor de chasse et tient une lance dans sa main droite. Le cor de chasse était normalement utilisé pour transmettre des signaux en cas de danger.

À droite, un quadrupède (peut-être un bovidé) et de l'autre côté, un personnage qui semble armé d'un bouclier dans sa main droite et d'un gourdin dans sa main gauche. Le thème de la chasse, en tant qu'allégorie de la lutte contre le mal, est également représenté sur le chapiteau de l'autre côté, où un sanglier est attrapé par une patte et une oreille par deux quadrupèdes, peut-être deux chiens.

Le sanctuaire est composé de trois travées voûtées, définies par deux arcs doubleaux reposant sur des colonnes adossées au mur. Toutefois, seuls les chapiteaux de l'arc central sont ornés, tandis que ceux du dernier arc sont lisses. La dernière travée résulte d'un agrandissement de l'abside pour abriter plus harmonieusement le spectaculaire retable principal de style baroque.

Il convient de noter la différence de taille et de couleur des pierres de taille de cette dernière travée. Ainsi, ces deux chapiteaux du chevet, ornés de motifs végétaux, taillés en chanfrein, rappellent l'esthétique sculpturale de l'époque romane du groupe qui s'est développé à partir du Monastère de Paço de Sousa (Penafiel).

Après la période de l'art roman, c'est surtout pendant la période baroque que l'Église de Barrô fut soumise aux plus grandes transformations. Après une décoration particulièrement centrée sur la pierre, il s'en suivit une longue période au cours de laquelle l'horreur du vide transforma les murs blanchis à la chaux ou dépourvus de décoration en scénarios de bois doré et peint, à l'image de l'époque où les hommes cherchaient à chorégraphier le divin.

Dans le sanctuaire, le retable de style johannique occupait tout le mur du chevet, s'adaptant, dans sa grammaire scénographique, à l'arc brisé pour former une composition entre deux styles.

La Vierge de l'Assomption succéda à Sainte-Marie médiévale pendant l'époque moderne. La Vierge occupe la place centrale du retable principal et incarne le même style en bois sculpté.

Toujours dans le sanctuaire, l'ensemble sculptural du Calvaire, de grandes dimensions, composé du Christ crucifié, de la Vierge et de Saint-Jean l'Évangéliste, est bien mis en évidence. Bien que l'origine de que cet ensemble soit inconnue, il s'adapte à l'esprit baroque et au style décoratif du retable principal, qui fut probablement commandé à la même époque.

Dans la nef, il n'y a que deux retables latéraux : l'un dédié à la Vierge de la Pitié et l'autre, symétrique, aujourd'hui dédié à la Vierge et l'Enfant. En 1758, le retable de l'époque était dédié à l'Enfant Jésus et au martyr Saint-Sébastien.

Enfin, il faut mentionner la présence de nombreux acronymes sur les pierres de taille qui composent l'Église de Barrô.

Récupération et Amélioration
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Récupération et amélioration de l'Église de Barrô (Photo : © SIPA – IHRU)À la fin du XIXe siècle, plus précisément en 1890, le clocher adossé à la façade principale, sur le côté sud, a été reconstruit au dépens d'un émigré au Brésil, né dans cette paroisse et lié à la famille noble de Casa do Torgal. Ce clocher a remplacé le beffroi, surmonté d'une croix, qui avait été endommagé lors du grand tremblement de terre, tel que mentionné en 1758. 

Mi-XXe siècle, le prêtre António Pinto Cardoso lança un appel, demandant des travaux de réparation à Barrô, car le toit était en "ruines", il pleuvait "beaucoup" à l'intérieur de l'Église, "provoquant de graves dommages aux autels richement sculptés, à la conservation des parements religieux et à la réalisation des actes liturgiques". Une somme fut ainsi dépensée pour effectuer des réparations urgentes.

À partir des années 1960, il y a une plus grande prise de conscience de la part des autorités compétentes à l'égard de ce bâtiment, comme en témoigne un Mémoire daté du 16 mars 1965, relatif à "la réfection de la toiture et à la consolidation du plafond à caissons de la nef. En raison de son éloignement des centres urbains, l'Église de Barrô n'a jamais bénéficié de travaux de réparation". Un autre Mémoire explique que ce bâtiment est "très exposé aux intempéries" car il est dressé sur la rive gauche du fleuve Douro, de sorte que la toiture de l'Église "subit les effets de cet emplacement, ce qui oblige au remplacement des tuiles".

Récupération et amélioration de l'Église de Barrô (Photo : © SIPA – IHRU)Il convient de mentionner la démolition du corps, composé de deux étages, adossé à la façade latérale sud, à l'angle créé entre celle-ci et la sacristie, dégageant ainsi l'accès à la porte latérale. La documentation l'identifie comme la "Salle des âmes".

S'agissant d'une construction "assez récente" qui "nuisait" à l'ensemble et qui encombrait partiellement la porte latérale de la façade, il fut décidé de procéder à sa démolition. Toutefois, cette intervention n'eut lieu qu'en 1966, certainement avec la ferme intention de débarrasser le corps de l'Église, de racine médiévale, d'un élément qui rendait sa lisibilité difficile.

Dans ce contexte, il convient de souligner, également, l'intervention menée en 1993 dans sa zone environnante, reliant ainsi l'Église au cimetière d'une manière plus cohérente et unifiée. Le kiosque à musique fut aussi construit à cette époque, à l'initiative du curé.

Galerie
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En Savoir Plus
Bibliographie

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